La parole est aux supporters de la Roca Team

La parole est aux supporters de la Roca Team

La Roca Team c’est aussi les membres de la Roca Family. Ils sont l’image de ce club, et n’ont cessé de donner de la voix en permanence. La salle Gaston Médecin est devenue une cocotte minute prête à exploser à tout moment grâce à eux. Les fans ont suivi leurs protégés sans jamais s’arrêter au cours d’une saison marathon. Nous avons décidé de leur donner la parole, sur l’exercice qui vient de se terminer. Il y a à la fois beaucoup de fierté, mais aussi une petite pointe de déception sur l’issue du championnat. Ce fut également l’occasion d’évoquer les promesses affichées par ce recrutement grandeur nature, et sur ce qu’ils attendent de la saison à venir.

Quel est votre sentiment après cette saison ?

Isabelle : J’ai suivi Monaco dès qu’il évoluait dans les échelons inférieurs et bien loin des standards de la Betclic Elite. Et encore plus de l’Euroleague. En ce sens, pour moi cette saison est une immense fierté. Même si cette nouvelle finale perdue contre l’Asvel est rageante, d’autant que cette année il y avait vraiment la place. Mais quand on voit ce parcours exceptionnel en Euroleague, on ne peut y voir que du positif. J’ai tellement de souvenirs de cette saison, de beaux moments qui ont été magiques. Les playoffs d’Euroleague ont représenté quelque chose d’incroyable avec cet affrontement complètement dingue face au géant qu’est l’Olympiakos.

Romain : Ça fait 8 ans que je supporte la Roca Team, et j’habite en Bretagne. A l’époque, Monaco était venu jouer à Saint-Brieuc et depuis je suis un supporter. Je fais beaucoup de déplacements, et je viens quelques fois à Monaco. Pour moi la saison qui s’est écoulée est magnifique. Alors oui il y a la déception de la finale du championnat de France, mais il faut savoir prendre du recul. Ça permet de mieux voir les choses. Faire ce qu’ils ont fait en Euroleague, en donnant une telle réplique à l’Olympiakos, c’est très fort. C’est presque inespéré tant le départ difficile dans la compétition nous laissait très peu de marge de manœuvre. En Betclic Elite, il y a beaucoup de regrets, surtout à chaud. Mais quand on pense à la saison, on se dit qu’on a vécu quelque chose de dingue.

David : Si on regarde toute l’année, nous avons eu des supers matchs et des bons résultats. L’Euroleague a été un parcours formidable, et il a manqué très peu de chose pour aller plus loin. Je pense qu’il y avait de quoi s’en donner les moyens. Mais je suis déçu de la finalité en championnat avec cette défaite dans la série contre l’Asvel. Ce titre on devait le gagner. Quand on a une balle de match à Gaston Médecin à la maison, et qu’on ne joue pas, c’est incompréhensible. Lors de cette finale, nous avons joué sur courant alternatif et face à l’Asvel, ça finit par se payer. Le manque de régularité était souvent compensé par des exploits individuels, alors qu’il fallait trouver tout simplement plus de motivation.

L’arrivée de Sasa Obradovic, qu’en avez-vous pensé ?

Isabelle : Il y a eu la touche de Sasa Obradovic qui a forcément eu son importance. Il a son caractère, peut se montrer très colérique, mais je trouve que c’est quelqu’un de très réconfortant avec les joueurs. Il a su créer une unité. Au-delà des talents individuels, nous avons pu apprécier de voir un collectif. Ce qui a permis de montrer que la Roca Team n’était pas là par hasard et qu’elle avait sa place.

Romain : Moi personnellement, il m’avait déjà marqué lors de son premier passage à Monaco. Je me suis rendu compte que c’était un coach qui était capable d’amener quelque chose de fort défensivement. Il a cette rigueur des entraîneurs de l’est, encore plus que Zvezdan Mitrovic que je respecte beaucoup. Il a créé un cocon autour de l’équipe, et le collectif a vraiment pris. Il a apporté une rigueur avec des règles strictes qui ont fait que tout le monde a tiré dans le même sens. Il est charismatique et nous donne l’envie d’être derrière lui.

David : Sasa Obradovic a changé le visage de l’équipe, et ça a permis de réaliser un tel parcours et une saison historique. Mais parfois, je n’ai pas toujours compris certaines rotations. On ne doit pas tout savoir, et peut-être qu’il était limité dans ses choix. Il est arrivé en cours de saison comme la première fois. Cette fois il peut bien préparer son année avec son groupe, et c’est une très bonne chose.

Pour vous, sur quoi se joue cette finale perdue contre l’Asvel ?

Isabelle : La finale perdue contre l’Asvel, je pense que ça se joue au mental mais aussi à l’expérience. Le match 5 l’a montré avec Villeurbanne qui n’a jamais abdiqué, et qui l’a emporté au forceps. Sans oublier un brin de fraîcheur supplémentaire dans les rangs de Villeurbanne. Le parcours de nos Roca Boys en Euroleague a eu un impact, c’est évident.

Romain : Je pense que l’Asvel avait plus de fraîcheur. Quant à nous, nous étions un peu plus fatigués, notamment sur le plan psychologique après une deuxième partie d’exercice éprouvante en Euroleague. On avait aussi une équipe qui aimait jouer le couteau sous la gorge et qui a peut-être fait preuve de trop de suffisance à certains moments. L’Asvel qui a une vraie histoire avec le championnat de France a su tirer son épingle du jeu pour la troisième fois de suite.

David : Peut-être que je suis dur, mais lors du match 4, je ne comprenais vraiment pas comment c’était possible de passer autant à travers. Je ne pense pas que ce soit la fatigue personnellement. Pour moi, sur cette finale, il nous a manqué l’état d’esprit d’une équipe qui veut aller chercher un titre. Chose que l’Asvel avait parfaitement.

Un petit mot sur cette Roca Team version 2022-2023 qui se prépare ?

Isabelle : A la base, je suis fan de foot, mais j’ai bien plus hâte que le basket reprenne. Ce qui se profile s’annonce grandiose avec le mercato effectué. Je pense qu’il n’y a pas à rougir sur le papier face aux grandes équipes. Je vis ça comme un rêve éveillé, et j’espère qu’on sera un véritable rouleau compresseur en Betclic Elite et qu’on répondra présent en Euroleague.

Romain : Le mercato laisse rêveur avec des arrivées vraiment incroyables. John Brown c’est du top niveau. Un joueur qui nous a toujours fait mal quand on jouait contre lui. Jordan Loyd dispose d’une palette offensive de premier plan. Avec Elie Okobo, Adrien Moerman, Yoan Makoundo, Matthew Stazel, nous avons pris des joueurs JFL de premier plan. Ça montre que Monaco veut aussi tout rafler sur le plan national, et c’était important après l’échec de la finale. Tous auront un vrai rôle à jouer. Garder Mike James pour les deux prochaines saisons, c’est aussi un gros coup. Ça crédibilise le projet et prouve la volonté d’avoir un groupe très costaud. Tout comme les joueurs cadres que sont Alpha Diallo, Yak Ouattara, et Donta Hall. L’ossature est conservée, tout en y ajoutant des joueurs phares.

David : Ces nouvelles arrivées sont très satisfaisantes. Elles vont apporter un état d’esprit bien plus guerrier. Ce sont des gars qui vont vouloir mouiller le maillot et c’est une très bonne chose. Le recrutement des JFL est top. Si la mayonnaise prend, sans aucun doute que ça peut faire très mal. Je suis vraiment très heureux aussi de conserver Yak Ouattara. C’est le chouchou du public, et il se bat comme un lion. Tout cela fait qu’il y aura de nombreux leaders sur le terrain capables d’assumer leur statut. Loyd et Okobo seront là aux côtés de James, et ça offrira de nombreuses alternatives à Sasa Obradovic. J’ai bon espoir par rapport à ce recrutement.

Les espérances pour la saison qui s’annonce ?

Isabelle : Le titre de champion de France bien évidemment, depuis le temps qu’on l’attend maintenant. Et faire partie des meilleures équipes européennes en s’affirmant après avoir déjoué les pronostics lors du dernier exercice. Il faut aussi montrer qu’avec ce groupe, le club veut s’inscrire dans la durée, avec la construction de quelque chose de grand et fort.

Romain : L’an dernier, en Euroleague nous étions la belle surprise. Cette année la barre est placée assez haute au vu du recrutement et des ambitions. Il faut viser à minima au moins la même chose, et pourquoi pas espérer franchir un cap avec le Final Four. Je pense que c’est dans toutes les têtes, notamment celles des dirigeants. Le projet s’est construit très rapidement, et je pense que c’est en ce sens. D’année en année, le club repousse ses limites pour continuer d’avancer. Quant au championnat, cette fois on le veut. On ne peut pas espérer autre chose que la victoire finale.

David : On peut espérer réaliser le même genre de saison que cette année en Euroleague, et pourquoi pas faire mieux avec un Final Four. Même si ce sera très dense à tous les niveaux, quand on voit également comment les autres équipes se sont renforcées. Et cette fois, enfin ramener le titre de champion de France en Principauté.